La mémoire d’un site en héritage
À Riquewihr, le paysage est indissociable de l’histoire et de l’identité du lieu. Entre le glacis, les remparts, les vignes et les reliefs de l’Oberberg, il se découvre à travers une succession de paysages cultivés, traversés et habités.
Le projet prend place sur une ancienne parcelle viticole, à l’entrée de la ville historique. Sa transformation est pensée dans la continuité de ce paysage, avec la volonté de préserver autant que possible la perception du site et les vues vers l’horizon.
L’intervention s’appuie directement sur la topographie naturelle du terrain et se développe sur deux niveaux. L’un des principes fondateurs du projet est celui de l’invisibilité : plutôt que d’imposer un nouvel ouvrage à l’entrée de Riquewihr, le parking vient se glisser sous une grande esplanade paysagère qui prolonge naturellement le glacis des remparts.
Afin de préserver les vues et de maintenir une lecture ouverte du paysage, le Tiers-lieu et ses espaces associés sont regroupés dans le tiers nord de la parcelle. Les services techniques et les espaces dédiés au « dernier kilomètre » prennent place en contrebas, à l’angle sud-est. Le traitement architectural accompagne cette insertion : la façade sud du parking reprend le langage des strates géologiques du site avant de se prolonger dans les façades des locaux techniques, habillées d’un bardage en bois vieilli.
Le piéton au cœur du projet
La transformation du site est aussi l’occasion de redonner une place centrale aux déplacements à pied. L’avenue Méquillet est requalifiée en espace apaisé et sécurisé, depuis le nouveau rond-point jusqu’à la desserte de la mairie.
Côté remparts, les parcours piétons prennent place dans un environnement largement végétalisé. Un axe principal relie directement la porte de l’enceinte historique à la nouvelle esplanade, tandis qu’une dépose-minute s’intègre aux parcours de part et d’autre de l’avenue.
Sur l’esplanade, le cheminement se poursuit à travers un espace tampon planté, notamment de fruitiers, ou rejoint la grande diagonale nord-sud qui mène au parvis de la Conciergerie et du Tiers-lieu. Les cyclistes disposent quant à eux d’un local dédié, directement associé à la sortie piétonne du parking.
Accueillir et orienter les visiteurs
L’arrivée à Riquewihr est pensée comme un parcours continu, simple et lisible. Depuis la place Fernand Zeyer jusqu’au rond-point de l’avenue Méquillet, la nouvelle organisation des espaces permet de mieux hiérarchiser les différents flux et d’apaiser l’entrée dans la ville.
Une nouvelle voie au sud conduit directement au niveau N0 du parking. Un système de comptage à la place permet d’indiquer, dès les différents ronds-points d’approche, le niveau de remplissage du parc et d’orienter les visiteurs avant même leur arrivée.
À l’intérieur du parking, cette attention portée au parcours se poursuit à travers un travail spécifique sur l’identité et la signalétique. Le projet s’inspire directement du paysage alsacien et de la mémoire du territoire pour donner à chaque niveau une identité facilement reconnaissable : la forêt au niveau N0 et les vignes au niveau N1.
La palette colorimétrique reprend les prescriptions de la ville et les tonalités du nuancier alsacien. Signalétique murale, marquages au sol et éléments directionnels accompagnent naturellement les déplacements. Le nom des allées est régulièrement rappelé et une ligne colorée, associée à l’identité de chaque niveau, guide les piétons vers la sortie du Tiers-lieu ou vers l’issue de secours côté remparts.
De la forêt aux vignes, puis du parking à la ville historique, le projet cherche ainsi à faire du stationnement une première séquence du parcours de découverte de Riquewihr, en donnant une place particulière au paysage, à la mémoire du site et à l’expérience du visiteur.